Thermiques bannis en 2035 : Paris prévient, pas sans « préférence européenne » !

Alors que l’interdiction des moteurs thermiques en 2035 semblait actée, la France fait entendre sa voix. Paris met en garde l’Union européenne : sans une vraie préférence européenne, ce virage industriel risque de tourner au désavantage du continent. Derrière cette alerte, un appel à plus de réalisme… et à une protection de l’emploi local.

Vers la fin des moteurs thermiques : une échéance de plus en plus contestée

Initialement prévue comme une interdiction totale des ventes de voitures neuves thermiques à compter de 2035, cette mesure phare du Pacte Vert européen commence à susciter des doutes dans plusieurs capitales. Et pour cause : les industries ne semblent pas prêtes.

Pour la France, cette date n’est plus sacrée. Elle serait devenue irréaliste face aux difficultés actuelles. À travers une lettre adressée à la Commission européenne, plusieurs ministres français, dont Roland Lescure (Économie) et Philippe Tabarot (Transports), expriment un besoin d’assouplissement.

Des « flexibilités ciblées » pour ne pas décrocher

La position de la France n’a rien d’un refus de la transition électrique. Au contraire, elle veut continuer dans cette voie, à condition de ne pas sacrifier l’industrie locale. D’où sa proposition de tenir compte de ce qu’elle appelle des « flexibilités ciblées » dans l’application de l’interdiction.

Ces flexibilités incluraient :

  • une adaptation du calendrier pour certaines catégories de véhicules,
  • des incitations à produire en Europe plutôt qu’à importer,
  • un soutien renforcé aux constructeurs investissant dans la fabrication locale.
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En résumé, Paris refuse de basculer à l’aveugle vers l’électrique, sans tenir compte des réalités du marché.

La « préférence européenne », bouclier face à la concurrence étrangère

Ce que souhaite la France, c’est une réglementation qui encourage une production localisée. Il ne s’agit pas seulement de produire des voitures électriques, mais de le faire en Europe, avec des composants européens.

L’objectif affiché : atteindre au moins 75 % de valeur ajoutée européenne dans chaque véhicule. Cela inclut :

  • les batteries,
  • les moteurs et leurs composants,
  • l’électronique embarquée et les logiciels de bord.

Cette approche permettrait non seulement de préserver nos emplois industriels, mais aussi de mieux contrôler les chaînes d’approvisionnement. Et surtout, de ne pas ouvrir entièrement la porte aux technologies venues de Chine, très présentes sur le marché des batteries et des voitures électriques low-cost.

Réconcilier transition écologique et souveraineté industrielle

Reporter l’échéance n’est pas une marche arrière, selon le gouvernement français, mais une tentative d’adapter la stratégie industrielle sans perdre en ambition écologique. La lettre envoyée à Bruxelles l’affirme : restons sur la trajectoire du tout-électrique pour sécuriser les lourds investissements déjà engagés.

Les groupes automobiles et les équipementiers ont déjà injecté des milliards dans le développement de plateformes électriques, dans la formation de nouveaux métiers, et surtout dans la fabrication de batteries en Europe. Revenir en arrière serait dangereux, mais avancer trop vite le serait tout autant.

Et maintenant ? La balle est dans le camp de Bruxelles

Le 16 décembre, la Commission européenne présentera ses arbitrages sur la mise en œuvre de l’interdiction. Entre ambitions climatiques et réalités économiques, l’équilibre s’annonce difficile.

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La France, elle, espère faire entendre un message simple : pour réussir la transition écologique, l’Europe ne doit pas se tirer une balle dans le pied. Elle doit se protéger, s’organiser, et défendre ses propres champions industriels.

Reste à voir si Bruxelles entendra cet appel au pragmatisme ou maintiendra une ligne dure. Une chose est sûre : l’avenir de l’automobile européenne se joue maintenant.

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Lucie R.
Lucie R.

Passionnée par l'automobile, Lucie R. est experte en recyclage de pièces automobiles. Elle partage ses connaissances pour sensibiliser ses lecteurs à l'importance de l'économie circulaire et de la préservation de l'environnement.