Renault : « Nos clients s’énervent, il faut les écouter » (avertit le patron)

Les clients de Renault sont de plus en plus exigeants. Et selon son directeur général, il est temps de les écouter. Derrière cette alerte, c’est toute une stratégie qui se dessine, entre compétitivité, réponse aux attentes et adaptation à un marché chamboulé. Que veut vraiment Renault aujourd’hui ? Et surtout, comment entend-elle y parvenir ?

Un retour au client : priorité absolue

Fabrice Cambolive, désormais aussi directeur de la croissance du groupe Renault depuis le 1er septembre 2025, est formel : « Nos clients s’énervent, il faut les écouter. »

Selon lui, trop de décisions sont prises en décalage avec les besoins concrets des automobilistes européens. En ligne de mire : l’alignement nécessaire entre régulations environnementales et accessibilité réelle des modèles.

Il rappelle une réalité troublante : l’industrie va devoir intégrer 107 nouvelles réglementations d’ici à 2030. Cela complexifie et renchérit les véhicules — en particulier les petits modèles les plus accessibles.

Une Twingo plus accessible… mais toujours rentable

Renault revient sur le segment A électrique avec une ambition forte : proposer une voiture abordable, sans renoncer à la valeur. Fabrice Cambolive insiste :

“Ce n’est pas parce que la Twingo sera moins chère qu’elle ne vaudra rien.”

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En France, ce segment a presque disparu en 2025, ne représentant que 2,3 % des ventes. Renault veut le relancer, prouvant que l’offre peut créer la demande, et non l’inverse.

Nouvelle Clio : innovation, rationalisation et compétitivité

La 6e génération de Clio incarne un équilibre stratégique. Plus moderne, mais aussi pensée pour être plus compétitive à produire.

  • Trois finitions seulement (contre quatre auparavant, sans compter les séries limitées)
  • Deux moteurs disponibles : hybride complet ou moteur essence HR12 3 cylindres (aussi en GPL)
  • Fin du diesel et des petits blocs essence

Résultat : moins de diversité, donc moins de coûts et plus d’efficacité.

Autre fait marquant : la Clio 6 a été développée plus rapidement que la génération précédente, en seulement trois ans, contre plus longtemps précédemment. À titre de comparaison, la nouvelle Twingo a été conçue en 21 mois avec l’appui du centre de R&D chinois de Renault, l’ACDC.

Vers un avenir sportif ? La porte n’est pas fermée

Fan des Clio RS ? Vous pourriez avoir une bonne surprise. Cambolive n’a pas exclu de relancer des modèles à vocation sportive, même si cela ne fait pas partie de la phase actuelle de lancement.

Preuve de l’intérêt existant : la R5 Turbo 3E compte déjà plus de 1 000 réservations, sur les 1 980 exemplaires prévus. Le projet avance, en étroite discussion avec les acheteurs.

Une gamme segment B cohérente et complémentaire

Renault occupe aujourd’hui le segment B européen avec une vraie stratégie : proposer des modèles distincts plutôt que redondants. Le quatuor phare ressemble à cela :

  • Clio : hybride et compacte
  • R5 : 100 % électrique, urbaine et tendance
  • R4 : esprit plus SUV, aussi en version électrique
  • Captur : style crossover, répondant à une autre attente
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Cambolive précise que ces modèles ont des positionnements distincts, ce qui évite la concurrence interne. Et les chiffres le prouvent : malgré le succès de la R5, la Clio continue de progresser. Elle a terminé meilleure vente en France et en Europe au premier semestre 2025.

Quelle suite pour la Twingo ?

La Twingo électrique arrive, mais aura-t-elle un équivalent thermique ou hybride ? La réponse est floue. Cambolive indique que le groupe pourrait s’appuyer sur d’autres marques pour proposer de l’alternatif.

Rien n’est exclu, mais les arbitrages n’ont pas encore été tranchés.

Concurrence et compétitivité : Renault accélère

Les constructeurs chinois bousculent la donne, en particulier sur les coûts et la vitesse de développement. Fabrice Cambolive le reconnaît, mais assure que Renault est déjà en ordre de marche.

François Provost, nouveau directeur général du groupe, veut que la compétitivité devienne un pilier central de la stratégie.

À ce titre, Renault produit la Clio 6 à Bursa, en Turquie, dans une usine capable de sortir jusqu’à 400 000 véhicules par an. Un levier de productivité essentiel.

Croissance, mais pas à tout prix

En tant que directeur de la croissance, Cambolive veut aller plus loin. Mais il le dit clairement : il ne s’agit pas d’une course aux volumes.

La priorité ? Une croissance durable et qualitative, reposant sur :

  • le développement à l’international
  • l’amélioration de l’expérience client
  • l’engagement de toutes les marques du groupe, notamment Renault et Dacia

“Nous voulons grandir ensemble”, affirme-t-il.

Écouter pour répondre : la clé du succès à venir

L’industrie automobile européenne entre dans une phase critique. Réglementations, attentes clients, pressions concurrentielles : tout se complexifie.

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Mais Renault semble avoir entendu le message. En revenant aux fondamentaux – le client et la valeur – l’entreprise veut construire un avenir plus solide et accessible.

Reste à savoir si cette écoute se traduira durablement en actes concrets. Les prochains mois seront décisifs.

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Lucie R.
Lucie R.

Passionnée par l'automobile, Lucie R. est experte en recyclage de pièces automobiles. Elle partage ses connaissances pour sensibiliser ses lecteurs à l'importance de l'économie circulaire et de la préservation de l'environnement.